« Des déchets bien peu démocratiques »

De Michel Le Saint (Idées), élu de Morlaix et Morlaix communauté.

« Le plan départemental d'élimination des déchets ménagers, qui définit les orientations que nous devrons appliquer jusqu'en 2018, est actuellement à l'enquête publique. Les élus directement concernés ont été tenus jusqu'ici dans l'ignorance du dossier. Alors que la loi prévoit que les collectivités qui gèrent les déchets doivent être « associées à l'élaboration» du plan et que la gestion des déchets représente le premier poste budgétaire de Morlaix communauté, ni les commissions ni le conseil communautaire n'ont été saisis du projet.

Il faut dire qu'en matière de déchets, la démocratie connaît de surprenants hoquets. Ainsi, une délibération communautaire prévoit la mise en place de la redevance incitative (calculée en fonction du volume des déchets) avant 2005, mais elle n'a jamais été appliquée. Et les élus ont voté, il y a plusieurs années, en faveur d'un mode de gestion des déchets sans incinération (du type de celui qui existe aujourd'hui à Lorient), là aussi sans effet, au motif que le site de stockage initialement prévu (Kerolzec en Saint-Martin-des-Champs) ne convenait pas. Mais aujourd'hui, le syndicat départemental lance une étude de faisabilité pour faire de Kerolzec le site de stockage des déchets du Centre et du Nord-Finistère (570 000 habitants) ! En fait, tout semble concourir à nous ramener inéluctablement vers l'incinération.

Le plan finistérien s'inscrit parfaitement dans cette veine : il vise avant tout à pérenniser les quatre unités d'incinération existantes, allant même jusqu'à interdire toute possibilité de gestion sans incinération. Or le choix de l'incinération, s'il est juteux pour les groupes privés qui gèrent les installations (Véolia), est coûteux pour l'usager et peu créateur d'emplois. De plus, il expose les populations riveraines des installations à des risques sanitaires (augmentation de la fréquence des cancers) et il empêche de prendre de vraies mesures pour limiter le volume des déchets. L'enquête publique constitue une occasion unique pour s'y opposer et demander une gestion économe et responsable de nos déchets... »

Ouest-France - Morlaix - 25/02/2009

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