La liaison Nord-Lambé se fera par la vallée du Restic

Ce choix pour le contournement nord de l'agglomération a provoqué une fracture au sein de la majorité, les Verts votant contre.

Hier soir, le conseil communautaire était appelé à se prononcer sur les variantes d'une partie du futur boulevard urbain de liaison Nord-Lambézellec. Ce tronçon est délimité par les ronds-points de Roc'h Glaz et Kérizac. Il existait deux options : aménager les voies existantes, les RD 26 et RD 13 et la rue du Tromeur (la variante 1) ou créer une nouvelle voie par la vallée du Restic (la variante 2).
Au vue des travaux du conseil consultatif, la majorité a donc choisi le passage par la vallée du Restic. Le débat promettait d'être chaud. Il l'a été.

«Sacrifier la vallée du Restic»
Mais avant, le président du conseil, François Cuillandre, avait autorisé les représentants des habitants des deux variantes à s'exprimer.
Jacques Perennes, au nom du collectif «Sauvegarde de la vallée du Restic», a eu des mots très durs contre le choix qui s'annonçait. «Vous allez sacrifier la vallée du Restic sur l'autel du développement durable que vous affichez.» Il a dénoncé la méthode utilisée par BMO, qualifiant de «leurre» le débat sur les deux variantes. L'accusation d'un semblant de démocratie participative a agacé François Cuillandre.
Sans surprise, Éric Runarvot, parlant au nom du collectif des usagers de la RD26 et VC13 et de la rue du Tromeur, a, au contraire, enjoint les élus à accélérer le dossier. «La décision n'a que trop tardé.»
Les Verts sont montés au créneau contre ce choix. «Ce dossier est gravement défaillant sur l'étude des flots de véhicules, l'aménagement spécifique de la rue du Tromeur n'a pas été étudié», a regretté Yann-Fanch Kerneis. «Quelle est la cohérence entre ce choix et le travail de réflexion sur le développement durable mené par ailleurs au sein de BMO ?», s'est demandé Julie Goïc.
Les Verts ont donc franchi le pas en se désolidarisant de la majorité. Ils ont voté contre. Et après le vote, ils avaient l'intention de rejoindre les rangs du public pour signer la pétition des défenseurs de la vallée du Restic.
L'UDB, elle, a opté pour l'abstention. Anne-Marie Kervern a plaidé pour «la suspension du projet», le temps d'observer les effets du tramway sur la circulation automobile.
L'Autre gauche a apporté son soutien entier mais critique. Allain Jouis a ainsi regretté «le manque d'anticipation» sur cet épineux problème du contournement de l'agglomération. Le PC, lui, soutenait bien entendu le choix du Restic, jugeant que «ne rien faire serait irresponsable».

«Aucun trésor»
Le soutien au projet est aussi venu des Indépendants. Pour Fortuné Pellicano, «la vallée du Restic, en grande partie en friches, ne contient aucun trésor archéologique historique». Mais, autrefois Indépendante, désormais affiliée au Parti breton, Geneviève Henry, elle, s'est rangée dans les opposants à la traversée du Restic.
Qu'allait faire l'Union du centre et de la droite ? Laurent Prunier a choisi l'abstention. Manière de ne pas se mouiller dans un dossier très polémique ? Non, pour le leader de l'opposition, «l'enjeu du débat est ailleurs».
Le futur boulevard urbain «ne résoudra rien». Il a plaidé pour le contournement de Brest encore plus au nord, par l'aménagement de la route entre Gouesnou et Saint-Renan. Un projet qui n'est plus à l'ordre du jour dans les projets du Conseil général dont dépend cette route.
Le dossier n'a pas fini de susciter des débats passionnés. Prochaine étape : l'enquête d'utilité publique au début de l'année prochaine.

Yannick GUÉRIN.
Ouest-France - Brest - 27/06/2009

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