La Bretagne prend son énergie en main

Assurer l'approvisionnement et augmenter la production. Les élus de la Région se mobilisent pour répondre rapidement aux enjeux de sécurité énergétique.

La Bretagne est une péninsule électrique. Elle ne produit que 9 % de son électricité. La vague de froid de début janvier a mis en évidence sa dépendance énergétique. Sans les fortes marées dans l'estuaire de la Rance et l'appoint de la centrale de Cordemais lors de ces jours de forte demande, RTE - la filiale d'EDF qui transporte l'électricité - explique qu'on aurait dû procéder à des délestages importants.

Cette situation inquiète RTE et les élus régionaux. D'autant que l'arrêt du projet de centrale thermique de Ploufragan pose clairement la question de la sécurité de l'approvisionnement électrique de la région en période de pointe. « Ce projet de centrale thermique était mal emmanché, faute d'une concertation suffisante », a rappelé hier, sans fioritures, Jean-Yves Le Drian. « On a perdu deux ans, ajoute le président de la Région. Il y a urgence à mettre en route une unité de production pour faire face aux pics de demande. »

Le 19 février, une conférence territoriale réunissant les présidents de la Région, des dix agglomérations et des quatre départements bretons (le B 15), auditionnera Dominique Maillard, président de RTE. Les élus inviteront ensuite les producteurs potentiels. Pour choisir celui capable de répondre, non seulement aux besoins des jours de pointe, mais aussi au développement d'énergies renouvelables (éolien, hydrolien, biomasse, photovoltaïque).

Au plus tard dans trois ans
L'idée est d'aboutir avant l'été à « un choix stratégique partagé », dans le droit fil duplan énergie adopté en juillet 2007. La Région, qui n'a pas de compétence en la matière, entend néanmoins prendre des initiatives, en relation avec les services de l'État. Elle est encouragée dans ce sens par le document de programmation pluriannuelle des investissements qui reconnaît que « la Région est un échelon pertinent pour conduire des politiques durables en matière d'énergie. »

Objectif : une mise en route de la nouvelle unité, au plus tard dans trois ans.

Philippe GAILLARD.
Ouest-France - Bretagne - 29/01/2009

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