Élimination des déchets : « Faire encore mieux »

Dans l'ensemble satisfaites du plan départemental d'élimination des déchets, la CLCV, Bretagne Vivante et l'UFC-Que choisir apportent des idées d'amélioration.

Un immeuble de 11 niveaux, de 10 m de large et de 851 m de long. C'est l'image utilisée par Claude Martel, de Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) pour faire comprendre aux Finistériens ce que représentent les 350 000 tonnes de déchets qu'ils « produisent » chaque année, soit 370 kg par habitant et par an ou encore 1 kg par habitant chaque jour. Un immeuble dont la longueur atteindrait 1 531 m si l'on y ajoute ce qu'ils éliminent par la voie des déchèteries. Leur collecte et leur traitement ont un coût, évalué par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie à 150 pour une famille de quatre personnes et les « gisements » collectés ont doublé en 40 ans tandis que leur coût de gestion a doublé en dix ans.

 

« La valorisation énergétique n'est pas forcément l'incinération. » Ici, l'usine de Briec. : Béatrice Le Grand

Se donner de réels moyens
La CLCV a participé à l'élaboration du plan départemental d'élimination des déchets, dont la mise en enquête publique commencera lundi. Si elle en approuve les grandes orientations, elle a tenu, mercredi, « en tant que partenaire actif et vigilant », à formuler quelques remarques en compagnie de représentants de Bretagne Vivante et de l'UFC-Que choisir ?
Selon Claude Martel, de la CLCV, il faut faire de la prévention, une réelle priorité. « En limitant les déchets à la source, les emballages par exemple, ou encore en utilisant des matériaux recyclables. » Autre suggestion : harmoniser les critères et les outils de tri.

Promouvoir la méthanisation
La CLV estime aussi qu'il faut « promouvoir la méthanisation des déchets pour développer leur valorisation énergétique ». Selon elle, « cette filière mérite d'être développée au plus vite. 2 018, c'est trop tard ». C'est aussi l'avis de Bretagne Vivante. Michel Beucher, déplore qu'on ne puisse disposer d'estimations sur les fermentescibles et de simulations sur leur valorisation énergétique. La raison ? Selon lui, « la remise aux normes récente et coûteuse des usines d'incinération des ordures ménagères du département. Même sans la prise en compte de la valorisation des matières organiques, les études montrent qu'il y aura des vides de four en 2 018 ».
Il demande donc que l'on étudie la collecte séparative de ces déchets, en particulier chez les gros producteurs. Que l'on réfléchisse à la création de nouveaux outils : « La valorisation énergétique n'est pas forcément l'incinération. » Et surtout que l'on améliore le tri de ce qui part vers les centres de stockage : « Il y a des tonnes de déchets qui n'ont rien à y faire. »
Les représentants des trois associations, enfin, déplorent que le plan ne détaille pas plus les modalités de suivi du plan. Ils promettent à ce sujet d'être très attentifs. Notamment en ce qui concerne les moyens.

Jean-Yves MANAC'H.
Ouest-France - Finistère - 29/01/2009

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