La centrale à gaz : toujours la polémique

« Le procureur vient de classer sans suite les 106 plaintes pour publicité mensongère déposées en janvier dernier, au motif de « l'abandon » du projet de GDF. Mais pendant ce temps, RTE et GDF continuent tous azimuts leur offensive de désinformation pour imposer un projet « proche » du précédent. L'augmentation de la consommation bretonne est due notamment, de l'aveu même de M. Beny, directeur de RTE Ouest : « à la tendance, avec les hausses du pétrole et du gaz, à équiper les maisons en tout électrique. » Il n'est pas besoin d'avoir fait des études de thermicien pour comprendre qu'il est totalement aberrant de brûler du gaz en centrale (à 35 % de rendement) pour produire de la chaleur qui est convertie en électricité laquelle, après des pertes en ligne, est re-convertie par le particulier... en chaleur, avec une déperdition à chaque stade de la transformation ! Il serait autrement plus efficace d'installer chez les particuliers un chauffage au gaz.

 

Le collectif urgence réchauffement climatique dit rester vigilant face au projet de centrale revu et corrigé de Ploufragan.

M. Beny dit que le pic historique de 17 150 MW a été atteint le 7 janvier et évoque allègrement la perspective d'une augmentation à 18 000 MW et là « ça ne passe plus ». Soit à 850 MW de plus. Comment dans ce cas, une centrale de 230 MW va-t-elle nous sauver ? ! Si nos décideurs politiques s'y laissent prendre, comment prendrons-nous encore au sérieux les mêmes qui se sont « engagés » dans une diminution de 20 % de la consommation énergétique d'ici 2020, objectif jugé encore bien insuffisant par l'ONU pour limiter l'effet de serre et les perturbations climatiques.

Le monologue de RTE ne résiste pas au débat contradictoire. Nous avons tout à craindre du rapport qui sera produit par les élus bretons en juin prochain, tant les sirènes du « toujours plus » sont puissantes à leurs oreilles. Messieurs les élus, la crise climatique nous impose de changer de paradigme, et ce dès aujourd'hui. Il est prouvé que l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables pourraient créer en Bretagne des milliers d'emplois non délocalisables. Ce sont les seules alternatives crédibles aux énergies fossiles qui permettraient de réduire de manière radicale les émissions de CO2. »

Ouest-France - Saint-Brieuc - 29/04/2009

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