La pollution du forage de Lanveur inquiète le conseil

La pollution du forage de Lanveur a soulevé nombre d'interrogations de la part des conseillers lors du conseil de jeudi. Claude Guiavarc'h a soumis au conseil une demande d'autorisation de prélèvement des eaux du forage. Une formalité qui fait partie de l'enquête publique, qui est ouverte depuis lundi.
Mais la discussion a davantage porté autour de la plainte contre X déposée par la municipalité à ce sujet. Nadine Kassis s'est interrogée : « Pourquoi y a-t-il eu dépôt de plainte ? Ne faut-il pas reporter les échéances afin que les analyses à venir soient dans les normes ? » Dans sa réponse, Claude Guiavarc'h a rappelé que le dépôt de plainte a été motivé par le soupçon d'un « acte de malveillance ». Soupçon que les experts n'ont pas démenti : l'herbicide en cause ne se retrouve qu'au sein du forage. Et le produit utilisé sert uniquement à la culture du colza et des choux.

Une plus grande autonomie
Le captage se situant à 140 m de profondeur, la possibilité d'un écoulement de résidus de nettoyage d'engins agricoles a été écartée. La gendarmerie pourrait retrouver la provenance de cet herbicide, grâce à un processus de traçabilité lors de l'achat et de l'utilisation de cette substance.
La dernière analyse montre qu'elle est présente dans l'eau de Lanveur à raison de 0,6 microgrammes par litre. Pour être accepté par la préfecture, le taux doit être de 0,1 microgramme/l. « Les conséquences peuvent être dramatiques » a souligné le maire avant de poursuivre : « Si nous ne retrouvons pas une qualité de l'eau acceptable, la préfecture refusera l'exploitation du captage ». Le coût du pompage depuis la découverte du problème s'élève à 30 000 , auxquels il convient d'ajouter les factures d'analyses : 1 500 .
La municipalité espère que les prochaines analyses permettront de mener à bien le projet d'exploitation de ce captage. S'il ouvrait, il permettrait à la commune une plus grande autonomie en matière d'alimentation en eau potable. Dans le cas contraire, « la commune sera entièrement dépendante du captage de Kernilis. Au moindre problème, elle serait privée d'eau et en terme de coût, il y aurait une augmentation de 30 à 40 centimes par m 3 ».

Des travaux à la fin de l'année ?
Malgré la pollution, le maire indique que le projet n'est pas abandonné. Et quand Nadine Kassis s'étonne que le dossier traîne depuis 14 ans, c'est Jean-François Tréguer, membre de l'opposition qui répond : « Il fallait trouver une compensation foncière pour les agriculteurs. Le foncier est une denrée rare et précieuse. Il faut beaucoup d'années pour trouver des terrains. » Par ailleurs, il condamne lui aussi cette pollution.
Les conseillers seront informés par courriel des résultats des prochaines analyses effectuées. « S'ils sont conformes, les travaux devraient débuter fin 2009 début 2010 » a conclu Claude Guiavarc'h.

Ouest-France - Lannilis - 30/05/2009

retour page "Presse"

retour page d'accueil