Un « oui mais » au projet de tramway

La commission d'enquête d'utilité publique a rendu son rapport. Le détail des grands sujets abordés. Le préfet doit maintenant prendre, ou non, un arrêté d'utilité publique.

Points forts

Un deuxième site propre
Le rapport d'enquête d'utilité publique constate que « le trafic automobile à l'intérieur de Brest métropole Océane augmente au détriment du transport en commun ». Cependant, sur l'axe gare - Cavale-Blanche, en partie en site propre, la fréquentation des bus progresse. Mais ceux-ci ont perdu en vitesse commerciale. D'où l'idée que « la création d'une ligne de transport en commun en site propre, attractive et performante », sur l'axe Est-Ouest est « opportune et présente un caractère d'intérêt public ».

Le choix d'un tram sur rails
Les commissaires enquêteurs se disent convaincus par les arguments de BMO en faveur d'un tram : capacité de transport supérieure à celle des bus, vitesse commerciale plus élevée. Quant au rail, il offre la possibilité d'une connexion avec le train. Cette technologie est désormais « bien maîtrisée » et plusieurs industriels la proposent. Cependant, la commission d'enquête s'inquiète en cas de manifestation ou d'accident sur le parcours.

 

Dora, le navire de service de DCNS a quitté Lorient hier avec une pièce en forme de nez de sous-marin.

Des quartiers revitalisés
Le tracé a été l'un des points les plus discutés. La commission d'enquête juge l'ensemble cohérent. « Retenu à l'issue de l'étude de plusieurs variantes, il est de nature à desservir un maximum de population. » Les commissaires enquêteurs pensent que le tram « revitalisera les quartiers desservis, en particulier ceux de Pontanézen et de Recouvrance ».

L'indemnisation des commerçants
Bien avant l'enquête d'utilité publique, c'était l'un des gros sujets de discussion. La commission se dit rassurée sur la volonté de toutes les parties, « d'assurer une juste indemnisation des préjudices économiques subis ». Toutefois, elle insiste sur l'intérêt de rendre la commission d'indemnisation opérationnelle dès maintenant. « Afin d'assurer la plus grande objectivité des décisions et de maintenir le meilleur climat possible dans une période délicate à gérer. »

Points faibles

BMO est partie trop tôt
Même si cela n'a pas de rapport avec le contenu du projet, la commission d'enquête estime que BMO a trop communiqué en amont (date de départ des travaux, de l'inauguration...). Cela aurait « brouillé le message » sur l'utilité même de l'enquête.

Une station à rajouter
Si le tracé est validé, une station supplémentaire est suggérée, au niveau de Pen ar Créach. Il faudrait alors déplacer la station Menez-Paul plus bas vers Ponta. Avantage de cette nouvelle station, elle remplacerait directement la station de bus existante. Et la station de Menez-Paul, placée dans une pente moins forte que dans le projet initial, serait « accessible aux personnes handicapées ».

Des études de bruit à refaire
Les nuisances sonores n'ont fait l'objet que de dix-huit observations. Sur le parcours même du tram, pas de problème : le bruit sera moins élevé qu'avant. En revanche, dans les rues adjacentes, la question se pose. Selon la commission d'enquête, il faudrait mener de nouvelles études d'impact dans les rues concernées, en bas de la rue de Siam, et aux abords des parking relais.

Repères

Le coût
Le tram coûtera 298 millions d'euros. Mais la commission d'enquête relève que le déplacement des « réseaux eau et assainissement est à la charge de BMO. Son coût devrait être intégré au budget de l'opération ». Ne serait que pour y affecter les recettes correspondantes. Le montant de ces travaux est de 44 millions.

La majorité
Le rapport d'enquête publique repose sur environ 500 observations. Une centaine d'avis sont « catégoriquement opposés à la création d'une ligne de tram ». Selon les commissaires enquêteurs, leur argumentation est souvent « bien étayée » : tram inutile, réseau de bus perfectible certes, mais qui fonctionne déjà bien, coût prohibitif. En revanche, plus de 300 intervenants se sont déplacés pour soutenir le projet. Leurs avis sont « nettement moins argumentés, souvent formulés sous forme d'une lettre type comportant une seule phrase ». Mais c'est la majorité.

Et maintenant...
Cet avis de la commission' d'enquête est une chose. Mais désormais, c'est au préfet qu'il revient de prendre, ou pas, un arrêté déclarant l'utilité publique du tram. Ce qui permettra à Brest métropole Océane de mener, le cas échéant, les expropriations nécessaires.


L'ensemble du rapport public est consultable sur www.letram-brest.fr

Olivier PAULY.
Ouest-France - Brest - 31/07/2009

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