Mort d’un jogger à Hillion, mensonge sans mesures, mensonge sur ordonnance : les algues vertes ont tué en Bretagne Communiqué de Sauvegarde du Tregor

, par  Christian Bucher , popularité : 6%

Mercredi 21 septembre 2016

Juillet 1989, un médecin urgentiste à Lannion ne parvient pas à connaître les résultats d’une autopsie pratiquée sur un patient retrouvé mort dans un amas d’algues vertes à Tréduder.

Juillet 1999, après l’accident au même endroit d’un employé affecté au ramassage des algues vertes, qui frôle la mort après quatre jours de coma et quatre mois d’hospitalisation, le même médecin alerte sans succès les services de la DDASS sur les risques d’intoxication à l’hydrogène sulfuré issu de la décomposition des marées vertes.

Juillet 2008, deux chiens meurent sur la plage d’Hillion, après avoir traversé des amas d’algues vertes en décomposition. L’ARS refuse de reconnaître que l’hydrogène sulfuré ait pu les tuer, prétextant qu’on ne peut rien déduire des analyses des tissus cellulaires des animaux parce qu’ils n’ont pas été conservés en chambre froide.

Juillet 2009, le 22, Thierry Morfoisse meurt après avoir transporté des algues vertes pourries. L’échantillon sanguin prélevé après sa mort est conservé à température ambiante dans un placard. Il sera ensuite impossible de préciser quelle est la part d’hydrogène sulfuré inhalé par la victime et celle issue de la décomposition naturelle du sang.

Juillet 2009, le 29, le cheval de Vincent Petit meurt en quelques secondes dans un amas d’algues vertes en bordure de la rivière Roscoat à Saint-Michel-en-Grève. Lui-même est gravement intoxiqué et ne doit son salut qu’à l’intervention du ramasseur d’algues vertes encore présent sur les lieux. Dès le lendemain, décision est prise par les autorités sanitaires d’envoyer à l’équarrissage l’animal sans chercher à analyser les causes de sa mort. Il refuse cette décision et prélève lui-même des tissus organiques, ce que lui permet sa profession de vétérinaire.

Juillet 2011, 36 sangliers, deux ragondins et un blaireau sont trouvés morts dans l’estuaire du Gouessant. La préfecture des Côtes d’Armor écarte pendant deux mois l’hypothèse d’une intoxication par l’hydrogène sulfuré des marées vertes. Il faut attendre les conclusions de l’INERIS fin août et de l’ANSES début septembre pour qu’elle admette comme possible l’intoxication à l’hydrogène sulfuré. Cinq après, un procureur peut même affirmer que la mort de ces animaux reste une énigme.
Septembre 2016, un jogger meurt dans le même estuaire du Gouessant dans les mêmes conditions climatiques et de marée qu’en juillet 2011. Le procureur délivre promptement le droit d’inhumer sans chercher à connaître les causes de cette mort en pratiquant une autopsie ou au moins un prélèvement sanguin.

Depuis trente ans, le même scénario se répète, malgré les alertes répétées de Sauvegarde du Trégor restées toutes sans suite.

1°) Nier d’abord l’impact des marées vertes sur la mort d’êtres vivants, malgré tous les précédents.

2°) Tout mettre en oeuvre pour empêcher au plus vite un prélèvent sanguin et une autopsie, et si cela est fait, conserver à température ambiante ces prélèvements afin qu’on ne puisse pas en déduire une quelconque intoxication à l’hydrogène sulfuré.

3°) Gagner du temps en pratiquant une communication dilatoire à coups d’auditions sans intérêt et en cultivant le doute sur l’origine de la mort des victimes.

4°) Après avoir mis en oeuvre toutes les conditions pour que n’éclate jamais la vérité, les autorités préfectorales et judiciaires, appuyées par les élus régionaux et départementaux, en concluent qu’on ne peut pas affirmer que les marées vertes sont la cause de ces décès.
Jusqu’au prochain accident. Jusqu’à la prochaine victime, qu’elle soit homme ou animal. Dans ce calcul, que pèsent la santé et la sécurité des citoyennes et des citoyens ?

Comment alors ne pas en déduire que ces autorités protègent un lobby agro-alimentaire directement responsable de ces morts par l’encouragement à la production et l’utilisation massive d’engrais minéraux et animaux dans des pratiques culturales intensives, dont les excès sont à l’origine des marées vertes, comme l’ont déjà jugé les tribunaux.

C’est assez ! Nos associations fédérées accusent sans ambages ces responsables administratifs, politiques, économiques et syndicaux de mettre délibérément en danger la vie de tous les usagers du littoral. C’est pourquoi elles engageront des recours devant les tribunaux contre eux afin que justice soit rendue. Elles appellent les citoyennes et les citoyens à se joindre à elles. Elles feront tout pour que cesse en Bretagne cette connivence entre administration, élus, acteurs économiques et syndicaux de l’agro-alimentaire, au détriment de la santé publique.

Sauvegarde du Trégor

A voir aussi :
Algues vertes : une plainte déposée par des associations après la mort d’un joggeur
http://www.24matins.fr/algues-vertes-plainte-deposee-associations-apres-mort-dun-joggeur-402841

Les algues vertes ont-elles tué en Bretagne ?
http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-algues-vertes-ont-elles-tue-en-bretagne-867441.html

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